Grand Huit
Festival du Grand Huit à Tourcoing

Grand Huit


Jeff Buckley : la porte du paradis

Tous ceux qui ont un jour frissonné à l’écoute des grand-messes sonores des Doors, ont dû ressentir le même choc hier soir, lors du concert de Jeff Buckley.

Le nouveau jeune prodige de la scène rock internationale a fait la démonstration impressionnante de son immense talent. Lyrique, grandiose, incandescente, sa musique brûle comme un feu sacré, naviguant d’une ballade éthérée à la plus furieuse des incantations, noyant le public conquis dans un même roulis sonore.

Jeff Buckley, c’est avant tout une voix, irréelle dans sa capacité à récréer toutes les formes et tous les genres. Caressante et pla-nante comme pour un raga hindou, elle sait se faire virtuose comme celle d’une diva d’opéra, rugueuse comme dans un blues de Billie Holliday, ou écorchée vive.

Jeff Buckley transporte ainsi son public dans son univers sonore étonnant, tout imprégné des errances psychédéliques des années 70, mais où se côtoient également harmonieusement des polyphonies classiques, des nappes planantes, des blues pathétjques, et parfois de furieux élans grunqe.

(manque quelques lignes !!) censé par la critique et le public, s’appelle Grace. Rarement un tel titre aura été autant en adéquation avec son auteur. Touché par la "grâce", Jeff Buckley, avec ses allures d’ange un peu paumé, nous ouvre les por-tes de son paradis électrique.

Espérons seulement qu’un tel artiste saura se relever sous le poids de la gloire qui le touche si vite...

J.-M. PETIT
(photo Jean-Louis MALLET)